Nicolas d’Estienne d’Orves : de Fin de race à Jacques Offenbach

Nicolas d’Estienne d’Orves : de fin de race à Jacques Offenbach

Nicolas d’Estienne d’Orves est le petit-neveu Honoré d’Estienne d’Orves, polytechnicien, capitaine de corvette était le chef du Deuxième Bureau de la France Libre. En cette fin d’année 1940, il décida de se rendre en France, après que ses trois premiers agents fussent en place, afin de coordonner leurs efforts, d’organiser leurs transmissions et de recruter à Paris « des hommes de premier plan. » En décembre 1940, d'Estienne d’Orves débarque à Plogoff avec son radio, Marty, et un poste émetteur. Il part aussitôt pour Paris sous la fausse identité de Jean-Pierre Girard afin de rechercher, en s’adressant à des amis sûrs, les premiers éléments de son réseau. Il sera arrêté le 21 janvier 1941. En moins d’un mois, il n’aura pas perdu son temps, D’Estienne D’Orves a déjà passé une masse importante de renseignements : l’emplacement des Q.G. allemands dans les différents châteaux des environs de Nantes, les emplacements précis et les plans des dépôts d’essence et d’huile, les sous-marins allemands se trouvant à l’Arsenal de Lorient et bien d’autres informations capitales sur des emplacements stratégiques allemands. Un témoignage de la dernière nuit d’Estienne d’Orves nous est parvenu. Un témoignage d’Agnès Humbert qui s’est retrouvée dans la cellule voisine d’Estienne d’Orves, je vous la cite : « Il me donne des instructions, me charge de remerciement à faire de sa part à un officier de Marine en retraite qui habite l’Egypte et que j’ai connu autrefois. Malgré tout nous plaisantons, nous nous décrivons physiquement l’un à l’autre, afin de n’être pas déçus lorsque nous nous verrons chez moi… après, lorsque nous nous rappellerons de tout cela. Car je ne veux pas croire, non, je ne veux pas croire qu’il sera exécuté, et je sens que ça l’amuse d’entrer dans le jeu, de penser à cet avenir qu’il ne verra peut-être pas… » 

Fin de race

C’est dans ce contexte de l’occupation nazie que se déroule le roman. Il nous transporte sans ménagement en 1940, à Paris où la menace pèse sur les juifs. En attendant de fuir pour New York. Un couple de chanteurs lyriques célèbres met à l’abri son fils Nathaël, dans une pension au-dessus de tout soupçon. Un Château de contes de fées, perdu dans une épaisse forêt. Ce n’est, bien sûr, qu’une illusion et le décor, un trompe-l’œil. La pension est aux mains d’une famille d’aristocrates dégénérés que domine l’inquiétante et folle figure de son patriarche. Et les pensionnaires sont des élèves très spéciaux. Initié par un camarade, Nathaël découvre bien des pièges et autant de secrets. L’arrivée d’une troupe de S.S. qui installe son cantonnement dans le parc du château, précipite les événements. Les rendent sanglants. Ils nous rappellent la violence insoutenable du chapitre premier de son roman… 

Nicolas d’Estienne d’Orves

Il a collaboré au Figaro littéraire, à Madame Figaro, au Figaro Magazine et au Spectacle du Monde. Pendant quatre ans et demi, Nicolas d’Estienne d’Orves a animé une chronique un samedi midi par mois dans l’émission de Benoît Duteurtre, Étonnez-moi Benoît sur France Musique. Et il écrit régulièrement pour des revues musicales comme par exemple Classica.

Pour les amateurs de la musique classique, on retiendra aussi son livre. Jacques Offenbach paru en aux Editions Actes Sud en 2010.


Jacques Offeenbach,  Présentation de l'éditeur


Jacques Offenbach (1819-1880) ? C'est un monde, une planète. Six cent cinquante oeuvres, allant de l'opérette à la musique religieuse, de la mélodie à la valse de salon, du concerto au ballet... De cet immense corpus, on ne connaît qu'une poignée d'oeuvres, ressassées ad libitum : La Vie parisienne, La Belle Hélène, La Périchole, Orphée aux Enfers, Les Contes d'Hoffmann... Certes, ce sont autant de chefs-d'oeuvre, mais il y a tellement plus ! Toute sa vie, Jacques Offenbach sembla poursuivi d'une étrange guigne, qui n'a pas délaissé sa postérité. Disons que la méconnaissance du corpus offenbachien a pour cause un certain mépris et beaucoup de paresse. Voilà pourquoi Offenbach n'en finit pas d'être un musicien à (re)découvrir. Cette brève monographie se veut plutôt une promenade buissonnière le long du fleuve offenbachien. Une évocation biographique avec quelques apartés, certaines vues intimes et une poignée de souvenirs. Un exercice d'admiration, une ballade en sympathie. Un portrait. Rien de moins, rien de plus.

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